mardi 17 juillet 2018

Enceinte, quels aliments faut-il éviter ?

Pendant la grossesse, les risques liés à l’alimentation sont multiples. Pour que la croissance de l’enfant se déroule au mieux, il est prudent d’éviter certains produits et de suivre quelques conseils simples.

Il est important de surveiller son alimentation afin de réduire les risques d'apparition d'infections.
Il est important de surveiller son alimentation afin de réduire les risques d'apparition d'infections.

Les infections à risque pendant la grossesse
Il est important de surveiller son alimentation afin de réduire les risques d'apparition d'infections qui, d'ordinaire sans gravité, peuvent lors de la grossesse, avoir des conséquences néfastes sur l'enfant. L'Institut national de prévention et d'éducation pour la santé (Inpes) recommande de faire particulièrement attention à deux infections : la listériose et la toxoplasmose. D'autres infections existent mais ont des incidences moindres.

La Listériose

Il s'agit d'une infection bactérienne d'origine alimentaire qui peut avoir des conséquences graves chez la femme enceinte et le nouveau-né (avortement, accouchement prématuré ou infection néonatale). Elle est due à une bactérie, la Listeria monocytogenes, qui peut notamment se développer dans nos réfrigérateurs. Cette infection reste cependant rare ; selon l'Institut national de veille sanitaire (Invs) le nombre diagnostiqués par an en France se situe autour de 300, soit 0,4 cas pour 100 000 habitants.

La Toxoplasmose

Infection virale bénigne, la Toxoplasmose peut s'avérer dangereuse pour la femme enceinte et son enfant. La contamination se fait principalement via la consommation de viande crue ou peu cuite, les légumes et les fruits souillés ou insuffisamment lavés, et de manière plus exceptionnelle l'eau de boisson lorsqu'elle a été souillée par des parasites. Il est également possible d'être contaminé par contact direct avec les chats, réservoir naturel de la toxoplasmose. Elle ne se manifeste généralement par aucun symptômes apparents. Le dépistage sérologique des femmes enceintes est obligatoire en France, des analyses de sang régulières sont prescrites. Le nombre d'infections acquises au cours de la grossesse est estimé à 2 700 par an.

Prévenir les infections par des gestes simples
La listériose et la toxoplasmose sont des infections alimentaires ; il s'avère donc nécessaire de prendre certaines mesures d'hygiène dans la cuisine pour éliminer les risques de les contracter. Quelques petits gestes suffisent la plupart du temps à s'en prémunir.

Lors de la conservation des aliments au réfrigérateur

Le réfrigérateur, qui stocke des aliments et préparations culinaires à date limite de consommation assez courte, est le lieu idéal pour une infection alimentaire. Il est indispensable d’emballer les aliments les plus sensibles (poissons, viandes, plats préparés) et de les conserver dans la zone la plus froide, située en haut. Il est recommandé de séparer les aliments crus des aliments cuits, de ne conserver aucun reste au-delà de 2-3 jours, et de décongeler ses aliments au réfrigérateur plutôt qu’à température ambiante (pour respecter la chaine du froid). Enfin, penser à nettoyer fréquemment son réfrigérateur à l’aide d’un détergent et le rincer à l’eau claire, pour limiter les risques de présence de Listeria.

Lors de la préparation des aliments

Attention à la cuisson de l’ensemble des aliments d’origine animale (viandes et poissons): un produit bien cuit implique moins de risques de contamination. Il faut nettoyer systématiquement tout ustensile pouvant rentrer en contact avec des aliments crus. Et si possible, limiter leur l’utilisation à la manipulation des produits sensibles.

Enfin, une autre précaution à prendre est de bien se laver les mains avant de manipuler les ingrédients et avant chaque repas (voir vidéo ci-dessous, en Anglais).


Les aliments à bannir pendant la grossesse

Aliments crus : danger bactérien !

Pendant la grossesse, certains aliments sont à bannir. En effet, la bactérie Listeria monocytogenes peut en contaminer, et se développer même à faible température, rendant certains aliments réfrigérés risqués. Ainsi, mieux vaut éviter de consommer :
les fromages à pâte molle de type camembert, brie ou munster – surtout s’ils sont au lait cru (une précaution supplémentaire à prendre est de supprimer la croûte de tous les fromages),
certains produits de charcuterie, tels que les rillettes, les pâtés ou le foie gras,
la viande crue ou peu cuite, les coquillages crus, les poissons crus (sushis, surimi, tarama) et les poissons fumés (saumon, truite),
certains produits laitiers comme le lait cru (fromages au lait cru, etc.)
A noter qu'il est préférable de prendre les produits préemballés plutôt qu’à la coupe. Si toutefois vous préférez prendre un aliment à la coupe, s'assurer que le vendeur n’utilise pas le même ustensile pour découper les produits pasteurisés et les produits à risques.

Par ailleurs, si vous n’êtes pas immunisée contre la toxoplasmose, il faudra veiller à :

ne pas manger de viandes crues ou peu cuites (steaks tartares, fondues bourguignonnes),
éviter les viandes fumées ou marinées sauf si elles sont bien cuites,
laver soigneusement les légumes, fruits et herbes aromatiques afin de leur ôter tout résidu de terre dans lesquels pourraient exister le parasite en cause (voir vidéo ci-dessous).


Des aliments à la consommation fortement déconseillée

La liste suivante présente de manière non-exhaustive des aliments courants à éviter pendant la grossesse, car leur consommation présente des risques (non infectieux) :

• L’alcool qui passe très vite dans le sang et également dans celui du bébé car le placenta ne lui fait pas barrage. Il en est de même pour le tabac.

• Les margarines ou aliments enrichis en "stérol" ou "stanol" qui sont destinés à faire baisser le cholestérol. L'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses) estime

dans un récent avis, que les produits enrichis en phytostérols et stanols ne doivent pas être consommés par les femmes enceintes ou allaitantes sauf avis médical spécifique. En effet, ils se retrouvent dans le lait maternel et le sang des nourrissons et induisent une baisse de la concentration en β-carotène (précurseur de la vitamine A). La réglementation (règlement CE 608/2004) impose d’ailleurs de mentionner sur les produits enrichis en phytostérols et stanols que « le produit peut ne pas convenir, du point de vue nutritionnel, aux femmes enceintes et allaitantes et aux enfants âgés de moins de cinq ans ».

• Le foie et les produits à base de foie, du fait de leur teneur élevée en vitamine A. Difficiles à atteindre par une alimentation normale, de fortes doses de vitamine A peuvent toutefois présenter des risques pour le fœtus.

• Le soja et les produits à base de soja (jus de soja, tofu...) sont à limiter du fait de leur richesse en phyto-estrogènes, substances pouvant interférer avec le système hormonal de la mère et du fœtus et avoir des conséquences néfastes sur le maturation sexuelle de l’enfant. Le Programme National Nutrition Santé (PNNS) recommande ainsi aux femmes enceintes de ne pas excéder la prise d’un aliment à base de soja par jour et d’éviter de consommer des complémentaires contenant des extraits de soja.

• Les boissons contenant de la caféine comme le thé, le café, certains sodas ou boissons énergisantes sont à modérer. Même si la caféine n’engendre pas d’effets néfastes connus, il est déconseillé de consommer plus de trois tasses de café par jour. Au delà, cela pourrait entraîner une augmentation des battements cardiaques (réversible et sans gravité) du fœtus ou tout simplement l’agiter.

• Certains poissons sont également déconseillés pour les femmes enceintes et allaitantes car ils contiennent une plus grande quantité de substances toxiques. L’Anses a publié en 2013 des recommandations en termes de consommation de poisson pour la population générale avec des précisions complémentaires concernant les populations sensibles.

mercredi 7 mars 2018

La nourriture de fast-food modifie nos gènes

Des chercheurs de l'Université de Bonn, en Allemagne, ont découvert que la consommation d'aliments gras et sucrés affectait notre système immunitaire et nos gènes, et serait la cause de l'augmentation des maladies cardio-vasculaires et du diabète de type 2.

Trop salée, trop sucrée, riche en graisses saturées et pauvre en fibres: on savait déjà que la nourriture vendue dans les fast-food possède très peu d'intérêt d'un point de vue nutritionnel. Mais aujourd'hui, les chercheurs s'intéressent également aux conséquences d'une telle alimentation sur nos gènes.


Après avoir nourri des souris avec des aliments similaires à ceux vendus dans les fast-food, des scientifiques de l'Université de Bonn ont découvert que le "régime occidental moderne" modifie l'expression de certains gènes, qui identifient cet apport en gras et en sucre comme une infection.

 "Le régime alimentaire malsain a conduit à une augmentation inattendue du nombre de certaines cellules immunitaires dans le sang des souris, en particulier les granulocytes et les monocytes", explique Anette Christ dans un communiqué de l'Université.


Et puisque le système immunitaire inné possède une certaine forme de mémoire, il crée ensuite des capteurs spécifiques chargés de reconnaître la nourriture issue des fast-food, et d'y réagir en conséquence. 

Modifications irréversibles?

Ces réponses inflammatoires fortes seraient la cause de l'augmentation des maladies cardio-vasculaires et du diabète de type 2 au sein de la population.


De plus, après avoir redonné une alimentation normale et équilibrée aux souris, les chercheurs ont constaté que les gènes modifiés "étaient toujours actifs quatre semaines après l'expérience". La preuve donc des conséquences à long terme d'un tel régime alimentaire sur notre corps.

mardi 26 juillet 2016

Prévention des AVC et mode de vie : quels conseils suivre ?

Il est démontré qu’un mode de vie sain, adopté par une population à haut risque cardiovasculaire et sans antécédent d’accident vasculaire cérébral (AVC), est associé à une réduction de 70% du risque de survenue d’un AVC. Cependant, le faible nombre d’études randomisées contrôlées et les interactions entre divers facteurs de risque rendent difficile l’estimation de l’impact des critères individuels de mode de vie ou de leur modification. Une revue récente de la littérature présente les dernières données sur l’impact des changements de style de vie sur le risque de survenue ou de récidive d’AVC.

Surpoids, obésité : le risque d’AVC augmente de 5% pour 1 kg/m2 d’IMC
L’obésité accroît le risque d’AVC (fatal, ischémique ou hémorragique), tant chez les sujets âgés que chez les plus jeunes. Les élévations de tension artérielle, de cholestérol et de glycémie, favorisés par l’excès de poids, contribuent pour les trois quarts à cet excès de risque. Chez les sujets en surcharge pondérale ou obèses, le risque d’AVC augmente de 5% pour 1 kg/m2 d’IMC. Les recommandations actuelles préconisent donc la réduction pondérale dans ces populations, même si le bénéfice reste encore incertain, au vu des rares études sur le sujet. Des essais randomisés contrôlés portant sur des sujets ayant survécu à un AVC sont en cours (System CHANGE weight management programme).

Facteurs alimentaires et risque d’AVC
Le sodium augmente le risque d’AVC et la mortalité. En revanche, une augmentation quotidienne de 1g de potassium réduit le risque de 11%. Des apports élevés en magnésium sont associés à une diminution du risque, à l’inverse du calcium, qui a été rapporté de manière moins constante à une augmentation du risque. La quantité globale et le type de lipides et d’acides gras (saturés, mono insaturés, poly insaturés, oméga 3, trans...) n’affectent probablement pas le risque d’AVC de même la quantité et le type de protéines alimentaires. Les flavonoïdes (issus principalement des agrumes) et le lycopène (notamment des tomates) réduisent ce risque. La plupart des compléments et des vitamines n’ont pas démontré de lien avec le risque d’AVC, à l’exception de l’acide folique qui a montré une réduction modérée mais constante des AVC.
Un effet protecteur des fruits et légumes consistant
Les fruits et les légumes réduisent respectivement de 32% et 11%, le risque d’AVC par portion quotidienne de 200 g.

La consommation de viande rouge est associée à une augmentation du risque alors que les fibres, le poisson, les laitages allégés et le chocolat (surtout le noir) le réduisent.
L’Etude de prévention PREDIMED a clairement montré une réduction du risque d’AVC, confortant ainsi d’autres études sur le régime méditerranéen. De même, le régime de l’étude DASH (pour stopper l’hypertension) s’est avéré efficace pour prévenir les évènements cardiovasculaires (mais le risque spécifique d’AVC n’a pas été étudié). Quant au café, la relation entre sa consommation et le risque cardio vasculaire suit une courbe en J, le risque étant le plus faible pour une prise de 3 à 5 tasses par jour.
Pour le thé, vert ou autre, il est associé à une réduction du risque d’AVC et de la mortalité totale.
Enfin, la dénutrition protéino-calorique est un facteur de mauvais pronostic si elle est présente au moment de l’AVC. La renutrition par supplémentation orale ou parentérale n’a pas démontré une grande efficacité.

Et l’activité physique ?
La sédentarité accroît la mortalité totale et la survenue d’AVC de 25 à 30 %, même chez les sujets âgés à haut risque vasculaire. Un bénéfice est observé quelque soit le type d’activité physique (de loisir, sportive, marche). Certaines études ayant démontré une diminution substantielle du risque d’AVC avec un exercice plus intensif, l’Association Cardiologique Américaine (AHA) préconise une activité aérobie plus intense avec au moins 40 mn, au minimum 3 à 4 fois par semaine en prévention primaire. Après un AVC, une activité plus modérée (40 mn de marche 3 à 4 fois par semaine) est préconisée pour améliorer la mobilité, l’équilibre et l’endurance.
Tabac, alcool, drogues et AVC !

Une méta-analyse récente a mis en évidence une augmentation de 25% du risque d’AVC pour chaque consommation de 10 cigarettes quotidiennes. Le tabagisme passif est également mis en cause: il double le risque d’AVC. Mieux vaut donc s’en protéger, soi même et les autres !
La relation entre la prise d’alcool et l’AVC ischémique suit une courbe en J, le risque étant le plus bas pour 2 verres par jour chez les hommes et un verre chez les femmes. En revanche, la relation entre alcool et AVC hémorragique est linéaire : une forte consommation d’alcool et le binge drinking sont clairement délétères et augmentent également le risque de récidive d’AVC.
Quant aux diverses drogues (cocaïne, amphétamines, ecstasy, héroïne) elles favorisent les risque d’AVC, ischémiques et hémorragiques. Un lien avec le cannabis est probablement également en cause.
En définitive, pour réduire efficacement le risque d’AVC, les modifications du mode de vie doivent porter sur de multiples facteurs de risques cardiovasculaires. Des changements de vie qui sont souvent, hélas, difficiles à maintenir à long terme...

samedi 9 juillet 2016

Le Parlement européen souhaite interdire les mentions liées au gain de vigilance ou de concentration sur les canettes de boissons énergisantes

Le Parlement européen souhaite interdire les mentions liées au gain de vigilance ou de concentration sur les canettes de boissons énergisantes.

Les efforts de prévention sur les sodas commencent à payer : les ventes de boissons sucrées diminuent globalement dans le monde. Un secteur continue pourtant de progresser ostensiblement : les boissons énergisantes. Pour freiner cette expansion, le Parlement européen a adopté ce jeudi une résolution visant à interdire la communication des fabricants de boissons à base de caféine à propos d’éventuels effets positifs sur la santé.

En particulier, ce sont les mentions concernant l’aide à la vigilance et à la concentration qui sont visées. En plus des soirées alcoolisées, ces sodas sont utilisés par les adolescents et les jeunes adultes pour « tenir » lors de révisions d’examens par exemple.

« Les statistiques nous montrent que de nombreux jeunes, et même des enfants, consomment énormément de boissons énergétiques », a déclaré la députée danoise Christel Schaldemose, qui a déposé la résolution.


Excitants et sucre en excès

Les conséquences d’une consommation précoce ou trop importante ne sont pas négligeables : troubles du sommeil ou du rythme cardiaque, céphalées ou problèmes de comportement… Les risques liés aux excitants contenus dans ces boissons ne sont pas les seuls. Ils viennent s’ajouter au risque accru d’obésité et de diabète.

« Il ne s’agit pas que de la caféine, a poursuivi l’eurodéputée. Les boissons énergétiques contiennent également beaucoup de sucre. Et nous pensons que ces types de boissons ne devraient pouvoir afficher aucune allégation de santé ».

Une canette de ces boissons peut en effet contenir jusqu’à l’équivalent de 27 morceaux de sucre, soit presque quatre fois plus que dans un cola !

Vers une extension des restrictions
Pour aller plus loin dans les restrictions, les députés ont aussi demandé aux Etats membres de mettre en place des règles sur la commercialisation de produits à teneur riche en caféine, afin de protéger les enfants.

« 68 % des adolescents consomment régulièrement ce type de boissons, et 18% des enfants, rappelle Marc Tarabella, député socialiste belge. Donc, c’est inquiétant ! Je dis ça aussi bien pour la concentration de sucre que pour les excitants qui sont dedans. Et je pense que les effets comportementaux peuvent être graves. On doit éviter ces allégations fallacieuses, qui sont à la limite frauduleuses. »



vendredi 4 septembre 2015

Le système d'information nutritionnelle à 5 couleurs est-il efficace?

Pour faciliter l'information du consommateur et pour l'aider à choisir en toute connaissance de cause, la Loi de santé présentée par Marisol Touraine et votée au Parlement prévoit que « la déclaration nutritionnelle obligatoire puisse être accompagnée d'une présentation ou d'une expression complémentaire au moyen de graphiques ou symboles sur la face avant des emballages».  

En France, de nombreuses sociétés savantes soutiennent la mise en place du système d’information nutritionnelle coloriel à 5 couleurs 5-C (vert/jaune/orange/rose fuchsia/rouge qui repose sur le calcul d’un score de qualité nutritionnelle prenant en compte pour 100 grammes de produit l’apport en calories, sucres simples, acides gras saturés, sodium, fibres, protéines et le pourcentage de fruits et légumes.

Afin d’étudier la pertinence de ce modèle, l’équipe de Recherche en Epidémiologie Nutritionnelle (EREN) Inserm / Inra / Cnam / Université Paris 13 a comparé l’effet de différentes signalétiques nutritionnelles sur la capacité des consommateurs à classer les aliments en fonction de leur qualité nutritionnelle.     Quatre systèmes d’information nutritionnelle simplifiés ont été testés : le système coloriel 5-C ; la coche verte (utilisée dans certains pays scandinaves et aux Pays-Bas) ; le traffic lights multiples (utilisés en Grande Bretagne) et les Repères Journaliers Recommandés (ou Apports de Référence) déjà utilisés en France par certains industriels.    

Une situation sans logo a également été utilisée comme référence.     Grâce à un questionnaire Internet, 14 230 adultes participant à l’étude NutriNet-Santé ont classé, sur une base relative (« moins bonne », « intermédiaire », « la meilleure » ou « je ne sais pas »), la qualité nutritionnelle de différentes séries de trois aliments appartenant à la même catégorie d’aliments.     Cinq catégories ont été testées : produits surgelés à base de poisson, pizzas, produits laitiers, mueslis pour le petit déjeuner et produits apéritifs

Parmi les signalétiques testées, le système à 5 couleurs (5-C) s’est révélé le plus efficace en termes de compréhension.     Ses performances sont meilleures  y compris chez les individus ayant une alimentation plutôt « défavorable » sur le plan nutritionnel et la santé.     « En particulier, la présence 5-C augmente, de façon très importante (plus de vingt fois par rapport à la situation sans logo), la capacité des individus n’ayant pas de connaissance en nutrition, à classer correctement les produits par rapport à la situation sans logo », ajoutent les chercheurs.

Sources : Inra ; Ducrot P, et al. Objective Understanding of Front-of-package Nutrition Labels among Nutritionally At-risk Individuals. Nutrients 2015 ; 7 : 7106-25.

mercredi 2 septembre 2015

Des probiotiques pour prévenir l'inflammation et l'obésité

Les probiotiques sont susceptibles d'influencer notre appétit, notre immunité, notre alimentation ou même notre humeur, certains pourraient même permettre de lutter contre l'inflammation ou l'obésité. Une alimentation riche en poissons gras, et donc en « bonnes graisses » serait ainsi plus bénéfique à la flore intestinale qu'une alimentation à base de graisse porcine, selon une étude parue dans la revue Cell Metabolism

 « Nous voulions déterminer si la flore intestinale contribuait directement aux différences métaboliques associées aux alimentations riches en graisses saines et malsaines », explique Robert Caesar, auteur principal de l'étude et chercheur à l'Université de Göteborg en Suède. « Notre objectif est d'identifier les interventions pour optimiser la santé métabolique humaine. » 

 L'équipe de recherche a travaillé en laboratoire sur des souris précédemment nourries de façon saine, auxquelles ils ont transplanté la flore intestinale d'autres souris, ayant suivi une alimentation riche en graisses. Parmi ces dernières, un groupe avait été nourri de graisses de poissons alors que le second groupe avait reçu une alimentation riche en graisse porcine. Ces deux alimentations contenaient le même nombre de protéines et de fibres diététiques. 

 Chez les souris ayant reçu une transplantation issue de souris nourries à la graisse de poisson, la composition de la flore intestinale finale était très différente de celle des autres souris, ayant reçu le transplant de celles nourries à la graisse porcine. Et après 11 semaines d'étude, les deux groupes de souris transplantées n'affichaient ni le même poids ni le même type d'inflammation. 

Dans ce sens, les probiotiques issus d'une alimentation riche en « bonne graisse » préviendraient l'obésité et l'inflammation. Au final, et grâce à des expériences complémentaires, les chercheurs ont conclu que le microbiote (ou flore intestinal) jouait un rôle important pour promouvoir les effets bénéfiques de la graisse de poisson, et contrebalancer les effets négatifs de la graisse porcine. 

 Pour autant, les auteurs précisent que d'autres travaux seront nécessaires pour déterminer si des bactéries de la flore intestinale peuvent être administrées et de quelle façon, dans un objectif d'optimiser leurs bienfaits sur la santé.

mardi 25 août 2015

Blogger : Diététicien Bruxelles - Tous les articles

Les acides gras trans sont-ils plus nocifs pour la santé que les acides gras saturés ? 

Parmi les matières grasses, les fameux "lipides" qui nous effrayent, surtout quand on est au régime, il existe plusieurs catégories. Parmi elles, on retrouve les acides gras saturés : naturels, ces triglycérides sont présents dans le beurre, le lait, le fromage, la charcuterie, le saumon, mais aussi dans l'huile de palme et l'huile de coco. 

Et puis dans une autre catégorie, il y a les acides gras trans, des matières grasses insaturées créées artificiellement par les industriels, notamment pour augmenter la tenue
et la durée de conservation des aliments. La fermeté en est un des critères primordiaux.


Jusqu'ici, les recommandations des diététiciens-nutritionnistes et des professionnels de la santé étaient d'éviter au maximum ces deux types de graisses de notre alimentation quotidienne, afin de se protéger contre divers troubles cardiovasculaires (troubles cardiaques, diabète de type 2 etc.).

Une récente étude de la McMaster University (Canada) pourrait bien faire évoluer les choses...


Les chercheurs qui ont publié leurs travaux dans la revue scientifique British Medical Journal (article de la publication de l'étude) ont comparé et croisé les résultats de 50 études qui analysaient en détail les effets des acides gras saturés et des acides gras trans sur notre santé. 

Verdict : seuls ces derniers SERAIENT associés à une augmentation du risque cardiovasculaire. 

Ces résultats seront de toute manière à surveiller de près car les recommandations diététiques seront à donner avec prudence en fonction de l'évolution des nouvelles études et aussi de manière à ne pas créer la confusion dans l'esprit des consommateurs!

NDLR : attention toutefois car si les graisses saturées ne sont pas associés à la mortalité toutes causes, les maladies cardiovasculaires, maladie coronarienne, accident vasculaire cérébral ischémique, ou diabète de type 2, mais la preuve est hétérogène et liée aux limites méthodologiques. Les acides gras trans sont associés à la mortalité toutes causes, mortalité totale et la mortalité coronarienne, probablement en raison de niveaux plus élevés de consommation de gras trans industriels que les gras trans des ruminants. Les directives diététiques doivent examiner attentivement les effets sur la santé des recommandations pour les macronutriments alternatives pour remplacer les gras trans et de graisses saturées.


Interdits dans les cantines de Californie

"A ce jour, nous n'avons rien trouvé qui puisse corroborer l'idée selon laquelle les acides gras saturés auraient un impact négatif sur notre santé cardiovasculaire, explique le Pr. Russell de Souza, principal auteur de l'étude." 

Par contre, les acides gras trans, eux, sont nettement plus nocifs que ce que l'on croyait : la
consommation régulière de ces derniers fait grimper le risque cardiovasculaire de 28 % et de 21 % le risque cardiaque. Cependant, le lien entre les acides gras trans et le diabète de type 2 n'a pas pu être mis en évidence.


Dans certains pays (comme au Danemark ou au Canada), l'utilisation d'acides gras trans dans l'alimentation est sévèrement contrôlée par les autorités sanitaires. En juillet 2008, l'État de Californie (États-Unis) les a bannis des cantines scolaires et des restaurants.
En attendant que de telles mesures arrivent en France, on peut déjà commencer à surveiller plus attentivement les étiquettes de nos produits de consommation courante...